Quatuor Hêlios
Ensemble de Percussion
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Plutôt que de tenter de présenter cet ensemble - ils sont quatre à œuvrer ensemble depuis 1986 – essayons de préciser ce que représente leur travail commun, celui produit par quatre pensées individuelles apportées au collectif, celui de quatre expériences (car expérimentations) et pratiques, parfois éloignées les unes des autres, de quatre trajectoires sonores, de quatre activités liées à une certaine idée de l’acte artistique.
John Cage fut très présent dans leur travail sur scène depuis leur réunion (il est nécessaire d’écouter les œuvres du compositeur américain qu’ils ont enregistré en 1989 d’abord, puis dix ans plus tard pour le label Wergo). Ils balayent (comme il existe des fréquences de balayage) avec une intelligence unique un répertoire élaboré entre 1940 et 1991.
Le maître philosophe s’efface physiquement et forcément, la question de la confrontation avec d’autres pensées se précise, peut-être parfois cruellement, celle aussi d’autres et éventuellement nouvelles formes d’action, celle du rejet de la percussion comme objectif ou outil (au service d’une virtuosité gratuite, par exemple), celle du sens de l’activité musicale proprement dite, enfin. Le groupe (comme il existe des groupes de rock) se lance dans de nouvelles aventures : nouvelle version d’une pièce (théâtre musical ?) de Vinko Globokar, relecture d’une œuvre (mixte ?) de Toru Takemitsu, complète une panoplie fort riche de corps sonores avec les instruments (des bâtons encore magiques) de la virtualité (Georges E. Lewis), plonge aussi dans le rock électronique (Daniel Koskowitz)…
Mais aussi (comme ces groupes de rock déjà évoqués), décide de se forger un répertoire sur mesure [...]
Ainsi, à partir d’une référence incontournable (l’ œuvre de Cage), se construit progressivement une œuvre collective (la leur) qui frappe l’auditeur, car la précision technique rejoint en permanence (presque naturellement, à ce niveau de maturité) l’exigence induite par la pensée. Nous quittons donc définitivement le divertissement pour quelque chose proche de la sérénité.
En 1996, le quatuor était présent en Lorraine pour une série d’actions regroupées dans le contexte de que l’on nomme « résidence » d’artistes. Cette opération fut appelée « Périhélie ». Périhélie : apside inférieure d’une planète, d’une comète, par rapport au Soleil (Hêlios) ; point de son orbite où la distance au Soleil est la plus courte. (in petit Robert, dictionnaire de la langue française).

Dominique Répécaud dans le livret du CD "Quatuor Hêlios" Vand'Oeuvre 0018